Elles se saluaient de leurs jardins
L'une et l'autre rivées contre l'oubli
Vivotant dans un immuable quotidien
Bien loin des pensées de leurs familles
Puis vint ce noir été où l'astre de lumière
Se fit aussi ardent que le feu de Vulcain
L'ombre alors déserta les terres
Pour envahir le cœur des humains
La haute société s'était fait la belle
De nos aïeuls scellant ainsi le destin
Dès lors la condamnation fut sans appel
Seule l'indifférence accompagnera leur fin
En face le jardin est abandonné
Le cœur de la vieille dame s'est éteint
Sous la terrible chaleur son corps a cédé
Loin des préoccupations des voisins
Ce drame s'est révélé sans importance
Pour la famille restée juste un matin
L'autre dame chagrinée par son absence
A essayé de joindre ses proches en vain
La haute société ne savait que faire d'elles
Pour la vieillesse point de moyens
Alors la condamnation fut sans appel
Laissons la fatalité en prendre soin
Le temps s'est figé elle vit avec la peur
De disparaître dans l'ignorance des siens
Rendons à la vieillesse toute sa valeur
Ou cette peur sera la nôtre demain
Joëlle
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